L’Encyclopédie de l’Univers Viking
futhark
Le futhark est le nom donné à une série organisée de runes, formé à partir des premières runes de la suite fuþark. Le terme désigne, selon le contexte, un alphabet runique particulier ou l’ensemble structuré des signes runiques.
L’entrée repose sur des attestations historiques, lexicales ou documentaires solides, à replacer dans leur contexte.
Comprendre le terme
Les inscriptions runiques attestent plusieurs suites de signes, dont l’ordre et le nombre varient selon les périodes et les régions. La suite ancienne comprend généralement vingt-quatre signes et est appelée futhark ancien ; à l’époque viking, elle est principalement remplacée en Scandinavie par le futhark récent, qui compte habituellement seize runes. Des traditions runiques médiévales développent ensuite des variantes plus nombreuses.
Contexte historique
Les premières inscriptions runiques connues apparaissent au cours des premiers siècles de notre ère dans le monde germanique. Le futhark ancien est attesté avant l’époque viking, tandis que le futhark récent se diffuse en Scandinavie durant l’Âge Viking, avec des formes notamment danoises, norvégiennes et suédoises. Au Moyen Âge nordique, les usages de l’écriture runique se poursuivent et l’inventaire des signes peut être augmenté ou modifié afin de mieux noter la langue parlée.
Usage et fonction
Le futhark fournit un ordre conventionnel et un répertoire de signes pour l’écriture runique. Les runes ont servi à graver des textes sur la pierre, le bois, le métal et d’autres supports, pour des usages commémoratifs, pratiques ou personnels. La fonction exacte d’une inscription dépend de son contenu et de son contexte ; l’existence d’un futhark ne suffit pas à établir un usage religieux ou magique.
Archéologie et attestations matérielles
Les suites de runes sont attestées archéologiquement par des inscriptions et, plus rarement, par des objets portant des séries de signes. Certaines inscriptions présentent des séquences qui peuvent être rapprochées d’un exercice d’écriture ou d’un énoncé de l’ordre runique, mais leur interprétation n’est pas toujours assurée. Les objets runiques ne doivent donc pas être automatiquement considérés comme des représentations du futhark complet.
Ce que l’on sait
Le mot futhark est formé d’après les six premiers signes de la suite ancienne : fuþark. Le þ représente la consonne notée th dans la translittération courante. Le futhark ancien comporte généralement vingt-quatre signes. Le futhark récent, largement utilisé en Scandinavie à l’époque viking, en comporte habituellement seize, malgré la diversité de ses variantes graphiques. Le terme « futhark » est une désignation moderne fondée sur l’ordre initial des signes, et non un nom dont l’usage historique général serait établi.
Ce qui est débattu
La relation exacte entre les différentes suites runiques, leurs variantes régionales et les pratiques d’apprentissage reste discutée. L’ordre des signes n’est pas absolument uniforme dans toutes les inscriptions. Les sources ne permettent pas non plus d’établir que les sociétés nordiques employaient un terme équivalent à « futhark » pour désigner l’ensemble de leur écriture. L’origine précise de certains changements entre le futhark ancien et le futhark récent demeure un objet de recherche.
Idées reçues et confusions fréquentes
Le futhark n’est pas une langue et ne constitue pas un système unique et immuable. Il ne correspond pas non plus exclusivement aux runes de l’Âge Viking : le terme peut désigner plusieurs traditions alphabétiques selon le contexte. Enfin, les runes ne sont pas, par définition, des signes magiques ; certaines inscriptions ont pu recevoir une interprétation rituelle, mais cette fonction ne peut être déduite de la seule présence d’une rune ou d’une suite runique.
Autres appellations
À retenir
Le futhark désigne une suite ordonnée de runes, nommée d’après ses premiers signes. Il faut distinguer le futhark ancien à vingt-quatre signes, le futhark récent à seize signes et les variantes runiques médiévales. L’ordre, la forme et le nombre des runes varient selon les périodes et les régions, et la fonction d’une inscription doit être déterminée à partir de son contexte.
