Gull-veig

L’Encyclopédie de l’Univers Viking

Gull-veig

Gull-veig

Gullveig est un nom féminin attesté dans la Völuspá, généralement compris comme « ivresse de l’or », « puissance de l’or » ou « soif de l’or ». Le poème la présente comme une figure transpercée et brûlée à trois reprises, mais renaissant chaque fois ; elle est ensuite appelée Heiðr.

LangueVieux norrois / vieil islandais
PériodeÂge Viking — Moyen Âge nordique
ZoneScandinavie / monde nordique
Niveau documentaire Bien attesté

L’entrée repose sur des attestations historiques, lexicales ou documentaires solides, à replacer dans leur contexte.

Comprendre le terme

Dans la Völuspá, Gullveig est exposée au feu dans la salle de Hár et transpercée par des lances. Le poème affirme qu’elle brûle trois fois et renaît trois fois. Il indique aussi qu’elle est nommée Heiðr lorsqu’elle se manifeste, qu’elle est une voyante et qu’elle pratique le seiðr. Le texte ne fournit pas de récit suivi de son origine ni une identification explicite avec une autre divinité.

Contexte historique

Gullveig apparaît dans un passage de la Völuspá consacré aux tensions entre les Ases et les Vanes. Le poème rapporte son supplice avant de raconter la guerre entre ces deux groupes divins, mais les sources ne permettent pas d’établir avec certitude la nature exacte du lien entre les événements. Le nom appartient à la tradition poétique nordique médiévale, qui conserve des motifs narratifs probablement plus anciens.

Usage et fonction

Dans la Völuspá, Gullveig joue un rôle narratif associé à l’or, à la magie et au déclenchement possible du conflit entre Ases et Vanes. Il n’existe pas d’attestation suffisamment précise permettant de définir un culte ou une fonction rituelle autonome sous ce nom.

Ce que l’on sait

Le nom Gullveig est attesté dans la Völuspá. Le poème la décrit comme brûlée et transpercée à trois reprises, tout en affirmant sa survie ou sa renaissance. Il lui attribue ensuite le nom de Heiðr et la caractérise comme une voyante pratiquant le seiðr. La composition du nom est généralement rapprochée de gull, « or », et d’un second élément veig dont le sens exact dans ce composé reste discuté.

Ce qui est débattu

L’interprétation de Gullveig comme personnification de l’or, de la cupidité ou de la « soif de l’or » repose principalement sur l’étymologie et sur le contexte du poème ; elle n’est pas formulée explicitement comme telle dans la Völuspá. Son identification avec Heiðr est grammaticalement et narrativement suggérée par l’enchaînement du texte, mais la relation entre les deux noms fait encore l’objet de discussions. Une identification avec Freyja a été proposée, notamment en raison du seiðr et du lien possible avec les Vanes, mais elle n’est pas attestée explicitement. Le rôle exact de Gullveig dans le déclenchement de la guerre entre Ases et Vanes demeure également incertain.

Idées reçues et confusions fréquentes

Gullveig ne doit pas être présentée comme une déesse clairement identifiée de l’or, ni automatiquement comme Freyja. Les sources ne décrivent pas une pratique cultuelle indépendante à son nom et ne permettent pas d’attribuer à des objets archéologiques une représentation certaine de Gullveig.

À retenir

Gullveig est une figure énigmatique de la Völuspá, définie surtout par son supplice répété, sa renaissance et son association au seiðr. Les rapprochements avec Heiðr, Freyja ou une personnification de l’or relèvent d’interprétations discutées plutôt que de faits explicitement établis.