traité d’Alfred et Guthrum

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traité d’Alfred et Guthrum

traité d’Alfred et Guthrum — traité d’Alfred et Guthrum

Accord conclu à la fin du IXe siècle entre Alfred, roi des Anglo-Saxons, et Guthrum, chef puis roi des Danois d’Est-Anglie, afin de fixer une frontière et de régler certains rapports politiques et juridiques entre leurs territoires.

LangueFrançais / nom événementiel
PériodeÂge Viking — Moyen Âge nordique
ZoneScandinavie / monde nordique
Thème Histoire — traités
Niveau documentaire Bien attesté

L’entrée repose sur des attestations historiques, lexicales ou documentaires solides, à replacer dans leur contexte.

Comprendre le terme

Le traité est principalement connu par un texte en vieil anglais transmis avec les dispositions législatives associées à Alfred. Il énonce une frontière entre les territoires soumis à Alfred et ceux contrôlés par Guthrum, ainsi que des règles concernant notamment les serments, les homicides et les compensations. La Chronique anglo-saxonne rapporte séparément la défaite de Guthrum à Edington en 878, sa conversion au christianisme et la conclusion de la paix, mais elle ne conserve pas le texte complet de l’accord. L’expression « traité d’Alfred et Guthrum » désigne donc à la fois un accord attesté par un texte juridique et l’arrangement politique consécutif aux événements de 878.

Contexte historique

Après plusieurs campagnes danoises dans le Wessex, Guthrum fut vaincu par Alfred à Edington en 878. Les récits anglo-saxons indiquent qu’il reçut le baptême, qu’Alfred fut son parrain et qu’une période de paix suivit. Guthrum se retira ensuite vers l’Est-Anglie, où il exerça son autorité. Le traité s’inscrit dans cette réorganisation des rapports de force : Alfred consolidait le Wessex et les régions méridionales, tandis que Guthrum conservait un pouvoir dans une zone dominée par les Danois. La date exacte de la rédaction et la relation précise entre la paix conclue en 878 et le texte juridique conservé ne sont pas entièrement établies.

Usage et fonction

L’accord avait une fonction politique et juridique. Il devait encadrer la coexistence de populations relevant de deux pouvoirs, fixer une limite territoriale et réduire les conflits en précisant les conditions de circulation, de témoignage, de serment et de réparation pour certains délits. Il ne s’agit pas seulement d’un règlement militaire : le texte cherche aussi à donner un cadre commun aux relations entre sujets anglo-saxons et danois.

Archéologie et attestations matérielles

Aucun objet, monument ou ensemble archéologique ne peut être attribué directement au traité lui-même. L’archéologie documente la présence danoise en Est-Anglie et les transformations politiques et économiques de l’Angleterre à cette période, mais elle ne permet pas d’identifier matériellement la conclusion de l’accord ni d’en reconstituer les modalités exactes.

Ce que l’on sait

Le traité est associé à Alfred et Guthrum, dans le contexte de la paix consécutive à la victoire d’Alfred à Edington. Le texte conservé définit une frontière passant notamment par la Tamise, la Lea, les environs de Bedford, l’Ouse et la voie appelée Watling Street. Il prévoit une valeur juridique comparable pour certains homicides commis contre un Anglo-Saxon ou un Danois et contient des dispositions destinées à sécuriser les relations entre les deux populations. Guthrum fut baptisé après sa défaite et régna ensuite en Est-Anglie. L’accord constitue un témoignage important de la négociation entre le pouvoir du Wessex et un pouvoir danois établi en Angleterre.

Ce qui est débattu

La chronologie exacte fait débat : les historiens ne peuvent pas toujours déterminer si le texte conservé correspond intégralement à l’accord conclu immédiatement après Edington ou s’il résulte d’une mise en forme juridique ultérieure. L’emplacement précis de certains points de la frontière et l’étendue réelle des territoires concernés restent également discutés. Le texte ne permet pas d’établir à lui seul l’existence d’une frontière parfaitement contrôlée ni d’une division administrative uniforme. L’importance pratique de chaque clause et son degré d’application dans les décennies suivantes sont difficiles à mesurer.

Idées reçues et confusions fréquentes

Le traité n’est pas attesté comme ayant été signé à Wedmore ; cette appellation, parfois employée, repose sur l’association avec les événements de 878 plutôt que sur une indication explicite du texte. Il n’a pas nécessairement créé en une seule fois le Danelaw ni partagé toute l’Angleterre entre deux États nettement délimités. Il ne faut pas non plus confondre la conversion de Guthrum, son baptême et le traité : les sources les associent au même règlement politique, mais ne fournissent pas pour chacun les mêmes informations.

Autres appellations

traité d’Alfred et Guthrum

À retenir

Le traité d’Alfred et Guthrum est un règlement politique et juridique conclu après la victoire d’Alfred sur Guthrum en 878. Son texte fixe une frontière et organise certains rapports entre populations anglo-saxonnes et danoises. Il témoigne de la coexistence négociée de deux pouvoirs en Angleterre, mais ne suffit pas à décrire une partition territoriale simple, uniforme et définitivement établie.