L’Encyclopédie de l’Univers Viking
mât
Mât destiné à porter et à soutenir la voile ainsi qu’une partie du gréement d’un navire. Dans le monde nordique de l’Âge Viking et du Moyen Âge, il constitue un élément central de la propulsion à voile, généralement associé à une voile carrée sur les grands bateaux de mer.
L’entrée repose sur des attestations historiques, lexicales ou documentaires solides, à replacer dans leur contexte.
Comprendre le terme
Le vocabulaire vieux-norrois de la navigation emploie le terme mastr ou mástr pour désigner le mât. Les récits, les poèmes et les descriptions de navires mentionnent le mât en relation avec la voile, le gréement, la manœuvre et les conditions de navigation. Ces textes attestent son importance pratique, mais ne décrivent pas toujours avec précision sa forme, ses dimensions ou son mode exact de fixation. Les sources littéraires ne permettent donc pas de reconstituer à elles seules l’ensemble des solutions techniques employées.
Contexte historique
Les navires nordiques de l’Âge Viking étaient conçus pour combiner propulsion à la rame et propulsion à la voile. Le mât permettait d’exploiter le vent au moyen d’une voile, tout en pouvant être abaissé ou retiré selon les besoins de la navigation, du passage sous des obstacles ou du débarquement. Les épaves et navires conservés montrent que le système de support du mât était intégré à la structure longitudinale du bateau et devait transmettre des efforts importants à la coque. La forme et la robustesse du mât variaient nécessairement selon les dimensions et la fonction du navire, mais les sources ne permettent pas d’établir un modèle unique pour toute la période.
Usage et fonction
Le mât servait principalement de support à la voile et à son gréement. Il contribuait également à répartir les tensions produites par la voile et les cordages vers la structure du navire. Sur les embarcations à voile nordiques connues par l’archéologie, le mât pouvait être maintenu par un dispositif de pied et par des éléments de renfort placés dans la coque. Sa manœuvre devait être coordonnée avec celle de la vergue, de la voile et des cordages de réglage. Les modalités précises de cette manœuvre sont toutefois inégalement documentées selon les navires.
Archéologie et attestations matérielles
L’archéologie navale a livré des éléments liés au support du mât, notamment des emplantures, des pièces de renfort longitudinales et des composants du gréement dans plusieurs bateaux scandinaves. Les navires de Gokstad, d’Oseberg et d’autres découvertes comparables montrent l’existence d’aménagements structurels destinés à recevoir et à stabiliser un mât. Des pièces de bois peuvent parfois être identifiées comme des supports ou des éléments de gréement grâce à leur position, à leur forme et à leur relation avec la coque, mais toutes les pièces conservées ne peuvent pas être attribuées avec certitude à un mât. Les mâts eux-mêmes sont souvent absents ou incomplets, car le bois de grande longueur se conserve moins bien ou a pu être retiré avant l’abandon du navire. L’archéologie permet donc de documenter le principe et certains dispositifs de fixation, sans fournir un modèle entièrement uniforme.
Ce que l’on sait
Le mât est un élément du gréement des navires nordiques à voile. Il soutient la voile et transmet les forces produites par le vent à la structure du bateau. Les navires conservés ou fouillés présentent des dispositifs destinés à recevoir et à maintenir un mât. Les grands bateaux de mer de l’Âge Viking sont généralement associés à une voile carrée portée par un mât, tandis que les modalités exactes du gréement pouvaient varier selon le type et la taille du navire. Le mât pouvait être abaissé ou démonté, au moins sur certains navires, mais cette possibilité ne doit pas être généralisée sans distinction à toutes les embarcations.
Ce qui est débattu
La forme exacte des mâts, leur mode d’assemblage et leurs dimensions sont difficiles à déterminer lorsque les pièces de bois ont disparu. La restitution de certains dispositifs de soutien repose sur la comparaison entre les vestiges conservés, les contraintes mécaniques et les reconstitutions expérimentales ; elle relève donc en partie de l’interprétation moderne. Les sources ne permettent pas d’établir si tous les navires nordiques utilisaient un dispositif identique, ni de fixer une règle générale concernant le nombre de personnes nécessaires pour abaisser ou redresser le mât. L’identification de pièces isolées comme des éléments de mât ou de gréement reste parfois discutée.
Idées reçues et confusions fréquentes
Il est inexact de considérer que tous les navires vikings possédaient un mât de mêmes dimensions ou un gréement identique. La présence d’un mât n’implique pas à elle seule une fonction militaire, commerciale ou prestigieuse : des embarcations aux usages différents pouvaient être équipées pour naviguer à la voile. Il ne faut pas non plus confondre les restitutions modernes de mâts et les exemplaires archéologiques effectivement conservés, souvent fragmentaires ou disparus.
Autres appellations
À retenir
Le mât est le support principal de la voile sur les navires nordiques à propulsion vélique. Les textes en attestent l’importance dans la navigation, tandis que l’archéologie documente surtout ses dispositifs de fixation et de renfort. Les formes précises du mât et les détails du gréement doivent être reconstitués avec prudence, car les vestiges sont souvent incomplets et les solutions techniques n’étaient probablement pas uniformes.
